Champs de recherche

L'équipe Clear · Un programme de recherche en informatique appliquée

Prolégomènes

Fil rougeNous partons d'une personne réelle avec un problème réel, et rendons lisibles et vérifiables des domaines complexes, sans sacrifier ce qui compte.

Droit, comptabilité, archives, espaces sacrés, parole, sentiers de montagne : chaque domaine où nous travaillons a son ordre propre. Cet ordre est réel, mais difficile à lire. Ceux qui y vivent le voient rarement dans son ensemble.

Depuis Luhmann, la théorie des systèmes affirme qu'un système existe pour réduire la complexité. Nous défendons l'inverse : rendre lisible sans appauvrir. Notre travail consiste à construire les outils qui permettent de parcourir un domaine complexe, de l'interroger en tout point et de vérifier chaque étape.

Trois opérations traversent tout ce que nous faisons :

  1. Cartographier. Nous reconstituons une structure cachée à partir de sources dispersées. Une carte aussi grande que le territoire est inutile, comme le notait Borges. Une bonne carte laisse des choses de côté, volontairement.
  2. Traduire. Nous portons le sens d'un registre à l'autre : de la loi au citoyen, d'un ancien système à l'archive, d'un lieu à un récit, de la parole au texte. Ce qui rendait l'original fiable doit arriver intact.
  3. Prouver. Rien n'est vrai parce que quelqu'un l'a dit, et rien n'est terminé parce que quelqu'un l'a déclaré terminé. Comme l'a montré Popper, une affirmation ne tient que tant qu'elle résiste aux tentatives de la réfuter.

Les quatorze champs ci-dessous sont des disciplines de l'informatique. Le droit, la finance, le patrimoine et la rhétorique n'y apparaissent que comme domaines d'application. Chaque champ est énoncé en quelques thèses et se termine par une aporie : une question ouverte que nous n'avons pas résolue. C'est là que commence la conversation.

Origine

La plupart des champs de cette page sont nés d'un problème vécu par un membre de notre équipe : une déclaration d'impôts dans un nouveau pays, un dos douloureux, un sentier qu'aucune carte ne montrait, un discours qui devait s'améliorer, une paroisse qui voulait être vue. Les autres sont nés du problème d'un client, que nous avons fait nôtre. Aucun n'a été choisi dans une étude de marché. Nous avons construit ce dont nous avions besoin, avec la rigueur que nous attendrions en tant que clients, puis nous l'avons ouvert aux autres. C'est pourquoi nos réponses nous appartiennent.

Derrière chaque système, il y a une personne fatiguée, inquiète ou pressée. C'est pour elle que nous concevons d'abord.

ISystèmes d'information d'entreprise et architecture logicielle

Fil rougeLa vie d'une entreprise, enregistrée de façon à pouvoir être vérifiée à tout moment.

Vitruve demandait à tout édifice d'être solide, utile et beau. Un système d'entreprise doit, en plus, rendre des comptes.

I.1La conformité appartient à l'architecture, pas à la procédure. Conservation légale, écritures infalsifiables et pistes d'audit sont intégrées au cœur du système. Les règles qui ne dépendent que de la discipline finissent par être contournées par commodité.

I.2L'état se calcule, il ne se stocke pas. Chaque événement est enregistré avec sa date, et la situation actuelle se déduit de cet historique. C'est la partie double de Pacioli (1494), appliquée à tout ce que possède une entreprise. Une erreur se corrige par une nouvelle écriture, jamais en effaçant l'ancienne.

I.3L'argent n'est pas un simple nombre. Monnaies, règles d'arrondi et régimes fiscaux ont leur propre logique. Traiter l'argent comme un nombre décimal ordinaire est une erreur de conception, pas un raccourci.

I.4La réutilisation se mérite, elle ne se prédit pas. Un modèle fait d'abord ses preuves en exploitation réelle. Ce n'est qu'ensuite qu'il passe à d'autres produits.

Aporie

Un même système peut servir le propriétaire, l'employé, le citoyen et le commerçant. Combien de rôles peut-il porter avant que les droits ne commencent à fuir de l'un à l'autre ?

Ancré dansun ERP en exploitation dans l'industrie manufacturière ; une plateforme multi-mandants pour les PME suisses (en essai).

IIAutomatisation des processus et Robotic Process Automation

Fil rougeLe travail répétitif confié aux machines, le jugement laissé aux humains.

Čapek a inventé le mot robot en 1920, du tchèque robota : la corvée. Une bonne automatisation prend la corvée et laisse le jugement à l'humain.

II.1Pas d'interface ? L'écran devient l'interface. Quand une ancienne application n'a pas d'interface de programmation, on décrit d'abord précisément ses écrans : menus, dialogues, raccourcis, rapports. Ce n'est qu'ensuite qu'on automatise la première étape.

II.2Le sens avant les pixels. Quand un écran expose sa structure, le robot travaille avec elle : champs, rôles, états. Cliquer sur des pixels est le dernier recours.

II.3Le scénario est l'actif ; le robot est remplaçable. Un scénario métier s'écrit une seule fois. Il peut ensuite s'exécuter comme guidage superposé pour une personne, par assistance à distance, par la voix ou automatiquement en arrière-plan.

II.4Une automatisation sans bouton d'arrêt est une abdication. Tout robot exige un consentement, un arrêt qui fonctionne toujours et une trace de ce qu'il a fait. Ce qu'il ne doit jamais toucher est bloqué par conception, pas laissé à son appréciation.

Aporie

Supposons que la logique tarifaire d'un ancien système fermé soit reconstruite à partir des rapports qu'il imprime. La copie peut-elle être assez bonne pour remplacer l'original, et qui répond de l'écart ?

Ancré dansun moteur de scénarios guidés sur un ERP industriel ; l'automatisation d'une application de bureau sans interface de programmation (en essai).

IIIIngénierie des données, migration et archivistique

Fil rougeDes données qui survivent à leurs systèmes et montrent toujours leur source.

Derrida écrivait que toute archive est déchirée entre le désir de conserver et la pulsion de détruire. L'ingénierie doit choisir.

III.1Les systèmes meurent ; leurs données ne le doivent pas. Archiver, c'est faire survivre l'information au logiciel qui l'a créée.

III.2Pas de source, pas de réponse. Chaque enregistrement que nous restituons indique sa provenance. « Inconnu » est une réponse acceptable ; une réponse inventée ne l'est pas.

III.3La structure se découvre, elle ne se suppose pas. Les bases de données non documentées révèlent leurs liens par l'analyse des données elles-mêmes. L'ancienne documentation dit rarement la vérité.

III.4Une bonne copie numérique voyage sans se déformer. Une page numérisée devient interrogeable et transportable tout en gardant la mise en page de l'original. Latour appelait ces objets des « mobiles immuables ».

Aporie

Le sens d'une base de données non documentée peut-il être reconstruit de façon fiable par des vérifications seules ? Ou faudra-t-il toujours un expert ?

Ancré dansun service d'archivage pour systèmes d'entreprise hérités (en essai) ; une méthode de migration pas à pas pour le système central d'un assureur.

IVRecherche d'information, représentation des connaissances et informatique juridique

Fil rougeLe droit rendu consultable, chaque réponse rattachée à son article.

Leibniz rêvait que les différends seraient un jour tranchés par ces mots : « Calculons ». Le rêve entier est hors de portée, mais une partie peut être construite.

IV.1Une loi est un réseau, pas un texte. Elle est faite de renvois, de modifications et de dates de validité. On ne peut la rechercher correctement que si on la traite comme des données liées.

IV.2Une réponse sans citation est une rumeur. Une réponse tirée du droit vaut exactement sa capacité à désigner l'article sur lequel elle repose.

IV.3La connaissance civique vient en trois étapes : s'informer, apprendre, agir. Le chemin mène du terme officiel, par son explication, au cas propre du lecteur. Dans un pays aux vingt-six systèmes fiscaux cantonaux, l'appel de Kant à penser par soi-même est aussi une question de conception de l'information.

IV.4La connaissance de soi exige la maîtrise de ses données. Un registre de sa propre vie ou de sa santé n'est utile que s'il n'a jamais à quitter vos mains.

Aporie

Quelle fiabilité peut atteindre la recherche dans les textes juridiques d'un pays aux quatre langues officielles ? Et quand une réponse juste devient-elle une question de responsabilité ?

Ancré dansun accès sémantique à la législation fédérale par les données ouvertes liées (en essai) ; des corpus d'apprentissage sur la fiscalité, l'assurance et le droit suisses.

VTechnologies de la parole et du langage

Fil rougeLa parole transformée en texte digne de confiance.

Walter Ong a montré que la parole n'est pas une écriture imparfaite, mais une autre manière de penser. Une transcription est donc toujours une interprétation.

V.1La parole est la donnée la moins structurée, et la plus révélatrice. La traiter exige d'être honnête face à l'incertitude, pas seulement un algorithme de reconnaissance.

V.2Aucune transcription brute n'est publiée. Entre la reconnaissance et la publication, il y a toujours une vérification : correction, seconde lecture sceptique et signalement clair de ce qui reste incertain.

V.3Les gens mélangent les langues, le système doit donc en faire autant. Les locuteurs réels changent de langue au milieu d'une phrase, et un système de parole utile doit s'en accommoder.

V.4La confidentialité par le traitement local. La parole d'autrui est traitée là où elle a été prononcée. L'enregistrement ne quitte jamais l'appareil.

V.5La grammaire peut s'expliquer. Même le genre réputé arbitraire des noms allemands suit en grande partie des règles que l'on peut pondérer, tester et enseigner.

Aporie

Peut-on commenter les erreurs orales sans que les gens parlent autrement du seul fait d'être observés ?

Ancré dansune chaîne multilingue de traitement de la parole avec vérification obligatoire ; l'analyse en direct de la parole pendant les réunions.

VIGéoinformatique et informatique mobile

Fil rougeLe terrain rendu lisible à partir de traces réelles, pas de suppositions.

Michel de Certeau comparait la marche à la parole : chaque itinéraire dit quelque chose de celui qui l'a parcouru.

VI.1La carte publique n'est pas le chemin parcouru. La confiance doit être visible : certain, probable ou spéculatif. Elle vient de vos propres traces, pas de votes anonymes.

VI.2Tout est fichier. Une chaîne de publication sans serveur accessible en écriture n'offre presque rien à attaquer et presque rien à exploiter.

VI.3La navigation est une fonction de la position et de l'intention. Sa logique peut être testée sans la carte à l'écran.

VI.4Le terrain inconnu se révèle pas à pas, et seulement à partir de données sous licence ouverte. La licence fait partie des données ; ce n'est pas une note de bas de page.

Aporie

Une carte communautaire peut-elle vivre sans aucun serveur ? Ou tout bien commun finit-il par exiger un gardien ?

Ancré dansun navigateur et enregistreur hors ligne pour itinéraires à vélo électrique ; le guidage d'arrivée vers des chalets alpins isolés.

VIIInformatique visuelle, informatique des médias et patrimoine numérique

Fil rougeDes espaces sacrés et culturels visitables de partout, fidèlement.

Benjamin craignait que la reproduction ne détruise l'aura de l'œuvre d'art. Nous pensons que l'aura d'un lieu peut survivre, si l'on reproduit non pas une image, mais un chemin.

VII.1Une visite virtuelle à 360° d'un espace sacré doit garder l'approche, la séquence et le regard, pas seulement les surfaces.

VII.2Une seule grammaire du mouvement. La visite guidée automatique et le geste du visiteur utilisent le même mécanisme : une ligne de temps faite d'étapes simples.

VII.3La perception se mesure, elle ne se devine pas. Vitesse, zoom et cadrage sont réglés en analysant la visite image par image, puis fixés en valeurs vérifiables. Ce qui relevait de l'instinct de l'artisan, le « savoir tacite » de Polanyi, devient explicite.

VII.4L'échelle exige des positions comme données. Le catalogue des objets est séparé des scènes où ils apparaissent.

Aporie

À partir de quelle taille une expérience réglée à la main doit-elle devenir un système ? Et quelle part de son aura survit au changement ?

Ancré dansune visite virtuelle à 360° d'une église orthodoxe, avec parcours guidé, catalogue d'objets et chronologie ; une édition bilingue commentée de livres de la Bible.

VIIIInteraction homme-machine et ingénierie de l'expérience

Fil rougeDes interfaces que l'on comprend sans effort.

Heidegger observait qu'un bon outil disparaît dans l'usage : on ne le remarque que lorsqu'il fait défaut. Le bon design d'interaction est l'art de cette disparition.

VIII.1La frustration se mesure. Les interfaces sont auditées selon un standard écrit et des critères explicites, pas selon le goût. Aucun constat n'est écarté comme mineur.

VIII.2Le test des soixante secondes. Une analyse d'usage n'est complète que lorsqu'on peut décrire sans lacune ce que l'utilisateur fait dans les soixante secondes suivantes.

VIII.3Plus de puissance seulement si nécessaire. L'utilisateur donne un seul consentement et ne rencontre ni jargon ni machinerie visible. Les outils plus lourds n'apparaissent que lorsque la situation l'exige.

VIII.4Le premium, c'est la retenue. La qualité se voit dans ce qu'une interface choisit de ne pas faire.

Aporie

Peut-on mesurer la qualité perçue sans la réduire à des chiffres qui manquent précisément ce que les gens perçoivent ?

Ancré dansune famille d'outils d'audit pour des interfaces sans frustration et de niveau premium ; l'architecture de marque d'une famille de produits.

IXSystèmes distribués, réseaux et sécurité

Fil rougeUne sécurité qui s'explique, au lieu d'être simplement affirmée.

En 1883, Kerckhoffs exigeait qu'un système reste sûr même si sa conception est connue. Nos systèmes suivent cette règle. Cette page, volontairement, ne les décrit pourtant pas.

IX.1La souveraineté est une question de topologie. Où résident les données, qui peut les atteindre et quel droit s'applique sont des décisions d'architecture, pas des clauses de contrat.

IX.2Expliquer et justifier. Chaque constat de diagnostic s'accompagne d'une explication et d'une raison mesurée. Les corrections automatiques se limitent à ce qui peut être annulé, et chaque modification est d'abord répétée.

IX.3Une couche de protection a deux faces. Elle doit tenir les attaquants dehors et rester claire pour l'administrateur à l'intérieur. Tout constat grave est vérifié par quelqu'un qui cherche à le réfuter.

IX.4Rien n'est supprimé avant que sa copie ait été vérifiée.

Aporie

Dans les réseaux gérés par des non-spécialistes, jusqu'où la réparation automatique peut-elle aller sans surveillance ?

Ancré dansl'administration indépendante du fabricant d'équipements réseau hétérogènes, y compris non documentés (en essai) ; un audit de sécurité d'une couche d'administration.

XApprentissage assisté par la technologie et simulation

Fil rougeDes compétences entraînées par la pratique, mesurées et rejouées.

Vygotski situait l'apprentissage entre ce que l'on sait faire seul et ce que l'on sait faire avec de l'aide. Les outils d'apprentissage sont conçus pour cet espace.

X.1La compétence est une carte, pas une liste. La théorie des espaces de connaissances (Doignon et Falmagne) ordonne une matière selon ce qu'il faut savoir d'abord. On en tire des questions adaptées à chaque apprenant.

X.2Le jugement professionnel s'entraîne comme les échecs. Chaque situation est une position et chaque réponse un coup. Les coups peuvent être rejoués, variés et comparés.

X.3La pratique délibérée boucle la boucle : planifier, exécuter, analyser. L'écart entre le plan et l'exécution devient la matière de la séance suivante.

X.4Plusieurs critiques voient plus qu'un seul. Un retour réparti en voix distinctes (structure, défi, langue) est plus utile qu'un verdict unique.

Aporie

Rejouer des situations comme des parties approfondit-il le jugement en animation et en médiation ? Ou n'apprend-on que le jeu ?

Ancré dansun environnement de pratique délibérée de la prise de parole en public, utilisé régulièrement ; un simulateur pour Scrum Masters dans de grandes organisations agiles (en essai).

XISystèmes collaboratifs et bureau à distance

Fil rougeClients et équipes travaillent sur les mêmes documents, où qu'ils soient.

En 1967, Melvin Conway observait que les systèmes reflètent la manière dont leurs auteurs communiquent. C'est pourquoi nous concevons d'abord la communication.

XI.1Le client est coauteur, pas destinataire. Client et équipe écrivent, commentent et annotent les mêmes documents dans un espace commun. Chaque remarque reste attachée à ce qu'elle concerne, au lieu de se perdre dans les e-mails.

XI.2La présence est une information. Voir qui travaille en ce moment sur le même document évite les collisions et l'attente.

XI.3Le bureau voyage avec le document, pas avec le bâtiment. L'édition, les appels et la prise de notes se font dans le système où vit le travail. Comme il est hébergé par nos soins, les documents restent en Suisse.

XI.4Une réunion se termine par un document, pas par un souvenir. Le procès-verbal est écrit directement dans le système de référence, où les décisions deviennent des tâches.

XI.5Un portail, de nombreux projets. Un nouveau client arrive par configuration, pas par copie de code.

Aporie

Quelle part de la coordination tacite d'une équipe (un regard par-dessus le bureau, une question rapide) un bureau à distance peut-il reproduire sans la transformer en surveillance ?

Ancré dansun portail de collaboration client utilisé pour plusieurs mandats, avec documents, tableurs, maquettes annotées et présence en direct ; une suite bureautique auto-hébergée avec édition de documents, appels internes et procès-verbaux intégrés à un ERP.

XIIInformatique communautaire, culture et technologies d'intérêt public

Fil rougeUne technologie pour les communautés, la culture et les personnes aux moyens modestes, construite avec le même soin que pour des clients payants.

Dostoïevski a écrit que la beauté sauvera le monde. Nous n'en prétendons pas tant. Nous refusons seulement de donner à une communauté moins de beauté ou moins de rigueur parce qu'elle a moins d'argent.

XII.1Une communauté doit pouvoir garder ce que nous construisons. Paroisses, associations et clubs ont rarement un budget informatique. Ce que nous leur donnons doit fonctionner presque sans frais et survivre au bénévole qui l'a lancé.

XII.2Participer doit coûter des secondes, pas du vocabulaire. Un signe et une photo suffisent pour signaler ce que l'on voit. Un langage universel permet de participer quels que soient l'instruction, la langue maternelle ou l'âge du téléphone.

XII.3Expliquer dans la langue du lecteur. Les nouveaux arrivants découvrent impôts, assurances et droit dans une langue qu'ils apprennent encore. Les termes officiels sont donc accompagnés d'une explication dans leur propre langue.

XII.4Les œuvres sacrées et artistiques méritent le même savoir-faire que les produits commerciaux. Une église, une icône, un chant ou une exposition sont documentés avec la même précision qu'un catalogue, et avec plus de respect.

XII.5La mémoire d'une communauté est une archive. Photos, films, sermons et chants ne survivent à ceux qui les ont enregistrés que si quelqu'un les met en ordre.

XII.6Un réseau qui observe peut aussi coordonner. Les mêmes signalements simples qui montrent la météo peuvent montrer où l'on a besoin d'aide. Personnes, moyens et formation peuvent alors être envoyés là où il le faut, quand il le faut.

Aporie

Comment la technologie peut-elle servir ceux qui ne peuvent pas payer, sans devenir une faveur qui dépend de la bonne volonté d'une seule personne ?

Ancré dansla présence numérique de paroisses orthodoxes en Suisse et en Roumanie, avec une visite virtuelle à 360° et un module d'apprentissage du chant liturgique ; une édition bilingue commentée de la Bible ; le dispositif numérique et imprimé d'une exposition d'art ; des outils pour un club bénévole d'art oratoire ; du matériel d'apprentissage pour les roumanophones de Suisse ; un navigateur gratuit pour itinéraires à vélo, avec récits de sortie et encouragements en direct partagés par lien, sans compte ; un réseau participatif d'observation météo (suspendu).

XIIIInformatique médicale et cartographie du corps

Fil rougeLes résultats médicaux d'une personne, transformés en une carte qu'elle peut comprendre.

En 1543, Vésale dessina le corps humain avec une telle précision qu'on put apprendre l'anatomie par l'image. Nous appliquons le même soin aux résultats d'une seule personne.

XIII.1Le corps se lit comme une carte. Les résultats d'un compte rendu d'IRM sont placés sur un atlas anatomique en trois dimensions. Une phrase du compte rendu devient un endroit visible de la colonne.

XIII.2La charge se calcule, elle ne se devine pas. Un modèle musculo-squelettique de plus de deux cents muscles estime la charge qu'une posture ou un exercice impose à la colonne.

XIII.3Chaque exercice a besoin d'une raison. Un exercice n'est recommandé qu'avec son mécanisme, ses preuves et la charge qu'il produit, et il est validé avec un physiothérapeute ou un médecin.

XIII.4Comprendre apaise la peur. Celui qui peut voir et nommer ce qui se passe dans son propre corps parle à son médecin en partenaire. Nous expliquons ; nous ne posons pas de diagnostic.

Aporie

Quand une nouvelle IRM arrive, peut-on la comparer à l'ancienne segment par segment, en trois dimensions, sans que la comparaison devienne un diagnostic que seul un médecin peut poser ?

Ancré dansun système de connaissances personnel pour la colonne lombaire, avec des résultats d'IRM placés sur un atlas 3D, la charge vertébrale issue d'un modèle musculo-squelettique et des exercices avec mécanisme et preuves (en essai, privé par conception) ; des outils de reconstruction volumique à partir d'images médicales en coupes.

XIVMéthodologie du génie logiciel

Fil rougeNotre manière de travailler : un objectif clair, un responsable par tâche, rien n'est terminé sans preuve.

Brooks a montré qu'ajouter des personnes à un projet en retard le retarde davantage. Nous allons plus loin : un membre de l'équipe se justifie non par le travail qu'il ajoute, mais par ce que lui seul peut voir.

XIV.1L'objectif vient avant l'équipe. Il est écrit, versionné et choisi parmi au moins deux lectures différentes. Approuver une formulation unique n'est pas un vrai choix.

XIV.2Une personne de plus se justifie par un nouvel angle, pas par des bras supplémentaires. Elle doit pouvoir voir un angle mort qu'aucun outil ne révèle.

XIV.3Un document, un auteur, un lieu. L'état des choses se vérifie à la source, au moment d'agir.

XIV.4« Terminé » doit être prouvé, pas déclaré. L'auteur est témoin, jamais juge. Il n'existe pas d'audit complet, seulement des audits au périmètre déclaré.

XIV.5Les conventions sont un capital. Une règle écrite, cataloguée et transmise vaut autant qu'une bibliothèque logicielle.

Aporie

Quand une équipe plus grande apporte-t-elle plus de compréhension qu'elle ne coûte en coordination ? Et comment une méthode bâtie autour d'un seul décideur résiste-t-elle à plusieurs décideurs en désaccord légitime ?

Ancré dansun registre de pratiques codifiées utilisé dans plus de cinquante projets ; un catalogue de maximes de travail, chacune rattachée à l'incident qui l'a rendue nécessaire.

Programme de recherche

Ces questions sont formulées, mais pas encore résolues. Nous les publions comme programme, pas comme portfolio.

  • Identité auto-souveraine : vérifiée une fois, prouvée de nombreuses fois, avec divulgation sélective adossée à une e-ID nationale.
  • Un coffre personnel à divulgation nulle de connaissance, comme couche de confiance sous l'identité et les contrats.
  • Des contrats reliés à l'exécution légale, du premier rappel jusqu'à la poursuite pour dettes suisse.
  • Des signatures électroniques qualifiées selon SCSE (ZertES) et eIDAS pour les petites entreprises régulées.
  • Des paiements prouvés sans garde des fonds, y compris pour le règlement en monnaies numériques stables.
  • Des mesures de l'avancement de projet qui ne changent pas quand le travail est découpé autrement.
  • La reconnaissance de l'alphabet dactylologique à partir de la géométrie de la main, comme outil d'accessibilité.
  • Déploiement ad hoc à partir de l'observation partagée : des signalements communautaires qui montrent où l'on a besoin de personnel, de bénévoles, de moyens et de formation, et qui les affectent sur-le-champ.

De la discrétion

Cette page énonce des thèses et des questions ouvertes. Méthodes, architectures et outils se discutent en personne et sous mandat. L'équipe Clear accepte un mandat là où l'une de ces questions est réellement en jeu, et le dit lorsque ce n'est pas le cas. Si vous reconnaissez votre propre difficulté dans l'une d'elles, écrivez-nous.

Votre aporie

Nommez la difficulté qui demeure ouverte dans votre organisation. C'est là que commence la conversation.

Formuler votre aporie